Au bois | film

« Une minute, c’est court ! » s’était exclamée en riant ma psy lorsque je lui ai parlé de ce film.

Oui, c’est court, mais c’est assez long pour raconter une histoire. Ici, une promenade innocente avec un punch glaçant à la fin.

Le texte est un poème de Rimbaud, et je me suis dit qu’il serait intéressant de le faire déclamer par un Acadien. J’ai donc invité mon ami Kevin et sa barbe haligonienne à être le marcheur de mon histoire.

Nous avions assez de pellicule pour faire deux prises seulement. Je vous le dis: réussir à avoir la bonne intention de texte, pas d’oubli, filmer à reculons dans les bois et cadrer comme du monde, c’est un gros défi pour une petite minute.

Mais on a réussi!

J’affectionne ce petit film. Mon seul regret: avoir mal dirigé le comédien qui apparaît à la fin, hésitant, alors que je voulais voir apparaître un prédateur campé et droit.

AU BOIS
1 min, tourné en 16mm | 2008

Présenté dans le cadre d’un cours à l’École de cinéma Mel Hoppenheim.


Enfance III

Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.
Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.
Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.
Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

Arthur Rimbaud, in Illuminations.